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Sommaire des articles de cette rubrique
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Anne de Bretagne (le 15/10/2006 à 17h05)
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Anne de Bretagne a dans l'Histoire de France l'unique privilège d'avoir été deux fois reine, mariée successivement à deux Rois : Charles VIII et Louis XII. Ses qualités morales, son sens politique, son attachement à la Bretagne en font une figure emblématique, et la place aux côtés des Reines de France qui ont compté.
Anne et son père François II, représentent à la fois la gloire et le chant du cygne d'une Bretagne indépendante. On leur doit également l'embellissement de Nantes, dont ils font leur capitale et leur lieu de séjour habituel. La fille poursuivra les travaux du père visant à grandir et à humaniser le château, vieille forteresse froide et austère. |
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Sous la pression des armées françaises qui assiègent Rennes et occupent Nantes, Anne de Bretagne épouse le roi Charles VIII à Langeais le 6 décembre 149. Mais son habileté politique, lui permet de prolonger l'indépendance de son duché. A la mort du roi elle se remarie avec son successeur, Louis XII, le 8 janvier 1499 à Nantes. Une fois de plus elle manœuvre si bien que son royal époux, s'engage solennellement à ne pas toucher aux libertés, institutions et coutumes de son duché. Mais celle qui avait été " la gentille boiteuse de onze ans, intelligente et têtue " dont la main était demandée par les plus grandes cours d'Europe, meurt en 1514, et avec elle l'espérance d'une | Bretagne libre de déterminer son destin. Claude, la fille aînée d'Anne et de Louis, épouse le futur François 1 er, scellant ainsi le rattachement de la Bretagne à la France. Avant sa mort la duchesse Anne a bien essayé, dans une ultime tentative, de marier Claude à celui qui deviendra Charles Quint, espérant par la, maintenir l'indépendance de son duché. En vain. Le rattachement est d'autant plus aisé que Claude, l'héritière, se désintéresse de cette terre que sa mère avait mis tant d'intelligence et de ruse à défendre. Mais, récompense posthume, c'est de leur gentille souveraine aimée de ses sujets qui chantaient " la duchesse en sabots ", que Nantes et la Bretagne se souviennent aujourd'hui. |
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" Broioÿ Keltiek " (le 15/10/2006 à 17h04)
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De tous temps, les pays celtiques ont entretenu des relations. Les Bretons ont traversé la mer pour fuir les saxons, et se sont installés en Armorique qui est devenue la Bretagne. Nombreux saints bretons sont originaires de ce qu'il est convenu d'appeler maintenant la Grande Bretagne. |
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Les Gallois ont tenté de vulgariser la Religions réformée en Bretagne au XIX ème siècle. La masse des Bretons ne suivra pas, mais il restera quelques communautés protestantes pour témoigner.
Ces pays frères, situés à l'extrémité ouest de l'Europe, ont décidé de s'unir pour défendre leur langue, leurs traditions, et conserver le souvenir de leur Histoire. Les voici : Eire (Irlande), Alba (Ecosse), Mannin (île de Man), Cymru (Pays de Galles), Kernow (Cornouilles) et Breizh (Bretagne). Six pays au départ, comme la Communauté européenne. Un septième est venu frapper à la porte : la Galice, " la Bretagne ibérique ", peuplée de Bretons dès le VI ème siècle. Sept pays unis par une origine commune, qui organisent des congrès interceltiques et publient un journal, le " Celtic Times " en anglais et dans la langue de chaque territoire, véritable trait d'union entre les sept. |
Lors des fêtes folkloriques dans chaque pays, des représentants des autres territoires celtiques sont invités. Les sonneurs de biniou côtoient les " bagpipers " écossais. Ces liens se sont resserrés, particulièrement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
A un moment où l'on parle de plus en plus de l'Europe, voilà une perspective originale et riche de promesses. |
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Le brai de Merlin (le 15/10/2006 à 17h02)
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Lorsque Merlin se réveilla prisonnier de Viviane et des neuf cercles magiques qu'elle avait tracés autour de lui, il savait que personne ne pourrait dénouer cet enchantement. Il fit donc jurer à sa bien-aimée de ne jamais le quitter, ce qu'elle s'empressa de lui promettre. Et ils commencèrent à vivre heureux en forêt de Brocéliande. Mais parfois la nostalgie de sa liberté et le regret du temps de la Table Ronde emplissaient si fort l'âme de Merlin qu'il ne pouvait s'empêcher de gémir. |
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Le premier à l'entendre se plaindre ainsi fut Gauvain, le neveu du roi Arthur, qui avait été chargé par son oncle de retrouver l'Enchanteur disparu. Aujourd'hui encore, au soir de certaines chaudes journées, lorsque le vent se lève et refroidit d'un coup la forêt de Brocéliande, on peut entendre comme un cri étrange, longue plainte modulée, qui se répète et que les vallons répercutent. Pour les gens du pays, pas de doute : à l'évidence ce sont les pleurs de l'Enchanteur qui résonnent ainsi sur la forêt. Il appelle dans l'espoir d'apprendre un jour la merveilleuse nouvelle du retour du roi Arthur.
Voilà pourquoi cette lamentation a été baptisée le brai de Merlin. | |
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Cela fera du bruit dans Landerneau ! (le 15/10/2006 à 16h59)
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| Vous connaissez certainement cette expression amusante, qui, parodiant Shakespeare, peut se traduire par " Beaucoup de bruit pour rien " ! Mais de quel bruit s'agit-il donc ?
L'expression tire son origine d'une pièce de théâtre d'Alexandre Duval (1767-1842) qui écrivit en 1796 une courte comédie, " Les Héritiers ". Un officier de marine que l'on croyait mort se présente soudain dans sa ville natale, Landerneau, pour la plus grande déception de ses héritiers qui croyaient toucher le pactole. |
 | A cette nouvelle, le valet Alain s'écria : " Oh ! Le bon tour ! Je ne dirai rien, mais cela fera du bruit dans Landerneau ! " L'expression plut au public qui s'empressa de l'utiliser chaque fois qu'un événement inattendu se produisait. On l'emploie encore actuellement et on a pu constater que telle décision présidentielle de 1997 a fait du bruit dans le Landerneau politique !
Cette petite ville du Finistère s'était singularisée, malgré elle, quelques années auparavant. Pendant la Terreur, les Girondins se heurtèrent aux Montagnards. Ces derniers la choisirent comme chef-lieu du Finistère à la place de Quimper jugé trop Girondine. Cette promotion ne dura que le temps de la Terreur. Cela a dû faire du bruit dans Landerneau. |
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Les prénoms (le 09/10/2006 à 01h32)
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L'origine de Lorient (le 09/10/2006 à 01h12)
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| Depuis longtemps, les navigateurs bretons commençaient avec les Indes. Ce mot n'avait pas le sens précis qu'il a de nos jours. Les Indes, c'était l'inconnu, tout ce qui se trouve à l'est de l'Afrique. On rêvait de Cipango (le Japon) et Cathay (la Chine). Les Malouins étaient conscients de l'enjeu économique. Ramener des parfuns, du poivre et autres épices, des diamants …
Vers le milieu du XVII ème siècle, sous l'impulsion de la Meilleraye, gouverneur de Nantes, la France envoie des émigrants à Madagascar afin d'organiser un réseau marin. Il ramène à Nantes en mai 1664 une cargaison de rêves : cires, cuirs, ébène, pierreries. Colbert, averti, devine l'avantage que la France (et lui !) pourrait en tirer. |
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Il décide de créer une Compagnie des Indes avec un capital de 15 millions de livres. Trouver l'argent n'est pas chose facile. Mais Colbert est tenace, surtout lorsqu'il s'agit de l'intérêt de la France. Il ne manque plus que des navires et un port d'attache.
Après quelques hésitations (Bayonne, Rochefort, Paimboeuf ayant été écartés pour diverses raisons), c'est Port-Louis qui est choisi en mars 1666. La rade est profonde, l'abri parfait dans l'estuaires du Blavet et du Scorff. Tout autour, se trouvent des forêts prêtes à donner leur bois pour la construction des navires, des gisements de granit pour l'édification d'une ville.
Juin 1666. La compagnie des Indes orientales s'installe à Port-Louis. Il y a là " des terrains vagues et inutiles appartenant au domaine royal, situés à l'embouchure du Scorff ". Ces terrains ne resteront pas inutiles longtemps. Une ville va sortir de terre et s'étendre. Des quais façonneront un port, une porte vers les Indes, vers la richesse.
Un port pour embarquer ver l'Orient magique. L'Orient … Lorient ! C'est aussi simple que cela.
 Port de Loreint en 1690 - Aquarelle d'Henri Jacquin Musée de la Compagnie de Indes - Lorient |
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Les Saints Fondateurs (le 09/10/2006 à 01h11)
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Lors de la christianisation de la Bretagne, de saints personnages ont fondé des évêchés. Les premiers évêques ont été saint Clair à Nantes, saint Mélaine à Rennes, saint Patern à Vannes. Ils s'agissait vraisemblablement d'Armoricains. Les autres évêchés ont été fondés par des Bretons venus d'outre-Manche. Saint Corentin vivait en ermite dans la forêt de Névet. Le roi de Cornouailles Gradlon le convainquit d'être le premier évêque de Quimper, vers l'an 500.
Pol Aurélien, évêque du Léon, avait débarqué en Armorique avec une douzaine de moines. Saint Brieuc (ou Brioc) était Gallois. Saint Tugdual était originaire de Cornouilles anglaise. Il avait également débarqué avec ses moines près de Conquet et fondé de nombreux couvents, dont l'abbaye de Landreger qui deviendra Tréguier. Il en deviendra le premier évêque. Saint Samson, déjà évêque de Llanilltyd, entendit des voix lui commandant d'aller évangéliser les Armoricains. Déjà à cette époque on écoutait les voix ! Il fonda donc l'abbaye de Dol avant d'en devenir l'évêque. Son compatriote Malo (ou Maklow ou Malw), était moine de l'abbaye de Llancarvan dirigée par Saint Brendan. Il traversa aussi la Manche et devint l'évêque d'Aleth, actuellement Saint-Servan .
Il existe donc bien neuf saints fondateurs. Pourtant, la ferveur populaire n'en a retenu que sept, que tout Breton devait visiter au cours de sa vie. C'était le Tro Breizh. Pourquoi sept ? Parce qu'en arithmétique céleste, il s'agit du chiffre parfait, que l'on retrouve souvent dans les contes ou légendes (je ne citerai que les sept nains …).
Il fallait donc supprimer deux vénérables évêques. Ce fut Saint Mélaine et Saint Clair. On a prétendu que seuls ont été gardés les évêchés où la langue bretonne est restée vivante plus longtemps. Cette raison ne convient pas, car le breton a été parlé dans le diocèse de Nantes jusqu'au XIX ème siècle, alors qu'il avait disparu de ceux de Dol et de Saint-Malo au XII ème.
Il nous faut donc accepter sans barguigner les sept saints fondateurs : Corentin, Pol, Tugdual, Patern, Brieuc, Malo et Samson. |
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Le drapeau (le 09/10/2006 à 01h08)
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| Lors d'une fête folklorique, j'ai entendu un enfant dire : " Le drapeau breton, c'est comme le drapeau américain ! " Décidément, " ils " nous auront tout pris ! Déjà, le homard " à l'Américaine "… Mais ici, quand même, à moins de regarder la télé en noir et blanc, la différence est visible même à l'œil nu ! Car le drapeau breton est le seul qui soit blanc et noir : gwenn ha du. |
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| Au Moyen Age, les seigneurs locaux avaient leurs blasons, qui n'étaient pas à proprement parler des drapeaux. Le premier drapeau breton date des Croisades. Il était composé d'une croix noire sur fond blanc. Les ducs de Bretagne avaient choisi des hermines avec la devise " potius mori quam foedari ", ce qui signifie " plutôt la mort que la souillure ". La tradition attribue le choix de cet animal à la duchesse Anne, alors qu'il semble bien que ces armoiries existaient bien avant le XV ème siècle. |
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La révolution de 1789, en instaurant la République, allait imposer partout le drapeau tricolore. Ne croyons surtout pas que les Bretons allaient accepter d'être noyé dans la masse ! Dès le XIX ème siècle, on vit apparaître des sociétés dont le but était de préserver la personnalité du pays. Elles adoptèrent le drapeau couvert des hermines des ducs de Bretagne.
En 1929, un nouveau drapeau, plus moderne, fut créé par Morvan Marchal. Après bien des contestations enfiévrées, où il était loin de faire l'unanimité, il est maintenant accepté par tous les Bretons. Il flotte dans les cinq départements, et même dans les cinq continents.
Dans le haut, côté hampe, un carton est parsemé d'hermines stylisées, noires sur fond blanc, pour rappeler les ducs de Bretagne. On compte généralement onze queues d'hermines (4-3-4). Le reste comporte neuf bandes horizontales noires et blanches alternées. Les cinq bandes noires représentent les pays de langue française : Rennes, Nantes, Dol, Saint-Malo, Saint-Brieuc. Les quatre bandes blanches symbolisent les pays de langue bretonne : Léon, Trégor, Cornouaille, Vannetais. Au bout de la hampe, un triskel métallique rappelle le monde celtique auquel appartient la Bretagne.
Traditionnellement, le porteur doit le tenir à bout de bras, par dessus la tête. Et j'ajouterai : avec fierté !
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